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Face à Macron, les gilets jaunes toujours en marche

L’année démarre en trombe pour Emmanuel Macron, Président de la République, qui doit faire face à la crise grandissante des gilets jaunes. Mercredi soir, Eric Drouet, l’un des leaders du mouvement, a été arrêté sur les Champs-Elysées. 

Avec une impopularité croissante, l’opinion publique juge désormais les réformes du Président bien trop ambitieuses, face à un pouvoir d’achat en plein déclin.

Pour tenter de calmer les esprits, Emmanuel Macron a promis « une lettre aux Français », qui sera publiée dans deux semaines dans les médias et partagée sur ses réseaux sociaux. Un exercice périlleux pour lequel d’autres Présidents, dont Nicolas Sarkozy, ont échoué. 

Jeudi, Sylvain Lefort, Conseiller communication du Président, a annoncé son départ et a affaibli d’autant plus l’image du Président, plus atteinte que jamais. 

Les gilets jaunes : toujours en marche

Les gilets jaunes, ce mouvement inédit populaire qui a commencé en novembre dernier, prépare sa huitième manifestation ce week-end.

Des préparatifs qui se font dans la plus grande tension, car l’un des leaders du mouvement, Eric Drouet, a été arrêté sur les Champs-Elysées mercredi soir, lors d’une marche dédiée aux victimes depuis le début du mouvement.

Eric Drouet sera jugé le 5 juin prochain pour « port d’arme prohibé » lors de la manifestation du 22 décembre 2018, ainsi que pour organisation illégale du rassemblement de cette semaine.

La garde à vue a été levée jeudi matin ; lors de sa sortie, il a dénoncé « une arrestation politique » et a appelé les autres partis à s’exprimer sur le mouvement. Chose rare, tous les partis s’accordent à dire qu’il s’agit là d’un acharnement.

La Présidente du Rassemblement National (anciennement Front National) Marine le Pen a dénoncé « une violation systématique des droits politiques des opposants politiques (à Emmanuel Macron) », ce qui lui dessine « un visage terriblement inquiétant ».

Jean-Luc Mélenchon a accusé un « abus de pouvoir », en s’en prenant directement au Président depuis son compte Twitter. Quant à Hervé Morin, Président des centristes, il a déploré un « amateurisme ».

Des mots doux pour apaiser ?

Exercice déjà perpétué par plusieurs présidents auparavant, la « lettre aux Français » d’Emmanuel Macron est retardée de quelques semaines.

Pour le moment, on ne connait pas le contenu de la lettre, mais l’opinion publique y voit déjà une ambition cachée : celle de remonter dans les sondages, dans l’intention d’être réélu. D’après l’exécutif, il s’agit de mettre en route « un grand débat national ».

Celui-ci donnerait la parole à tous les citoyens à travers des cahiers de doléances collectés à travers les 36 000 communes de France et de Navarre… Un clin d’œil à ceux créés lors de la Révolution Française en 1789.

Pour les gilets jaunes, ce projet ne suffira pas à apaiser les tensions. « On est remontés après les vœux de Macron, qui pour nous ont été une déclaration de guerre. Il croit qu’on est une poignée, mais il ne voit pas qu’il parle au peuple », a déclaré Fabrice, fonctionnaire lyonnais de 46 ans et représentant les gilets jaunes à l’Agence France Presse.

Le départ de Lefort affaiblit l’Elysée

Coup de grâce pour l’exécutif : le départ de Sylvain Lefort, le « Monsieur Com » de l’Elysée. Alors qu’il faisait partie du noyau dur du Président, présent depuis la fondation du parti « En Marche! », le normalien et ancien dirigeant d’entreprise a partagé sa décision avec l’AFP ce mercredi 2 janvier.

Il a notamment déclaré : »Après deux ans et demi de travail sans relâche au service du candidat, puis de notre président, je souhaite m’orienter vers d’autres projets professionnels et personnels, et consacrer surtout du temps à ma famille. »

Entre l’affaire Benalla et le mouvement des gilets jaunes, il semble que l’ancien professeur souhaite s’éloigner de la scène politique. Pour le moment, l’Elysée n’a pas souhaité commenter cette annonce.

 

 

 

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