Le fondateur de la plateforme canadienne d’échange de crypto-monnaies QuadrigaCX, Gerald Cotten est décédé subitement à l’âge de 30 ans. Il laisse derrière lui une plateforme dans l’embarras et 92 000 utilisateurs incapables de récupérer leurs fonds.
Pour des raisons de sécurité, il était le seul à connaître la clé cryptographique donnant l’accès à des portefeuilles froids (cold wallet). Résultat, $190 millions stockés sur la plateforme sont bloqués. En attendant, un tribunal canadien a annoncé la mise sous administration judiciaire de la plateforme.
Plus le temps passe, plus les zone d’ombres s’accumulent : non seulement Cotten avait rédigé son testament quelques semaines avant de mourir, mais les experts ont détecté des transactions sur les portefeuilles froids supposément inaccessibles.
Cotten, le seul à connaître le mot de passe
Gerald Cotten est décédé le 9 décembre 2018 en Inde des complications liées à la maladie de Crohn. Or, le créateur de QuadrigaCX était la seule personne à détenir la clé cryptographique de la plateforme, stockée sur son ordinateur portable. Malgré cet évènement tragique, QuadrigaCX a fonctionné comme si de rien n’était pendant un mois, puisant dans les réserves de liquidités stockées sur ses comptes.
QuadrigaCX : son P-DG meurt et emporte avec lui le mot de passe qui bloque 190 millions de dollars en cryptomonnaies https://t.co/Xvg0a8h2eG pic.twitter.com/f8vI49cxqY
— CNET France (@cnetfrance) February 5, 2019
Les utilisateurs n’ont pas eu connaissance de l’affaire jusqu’au mois de janvier, lors de l’annonce de Jennifer Robertson, la veuve de Cotten. La nouvelle a entraîné un retrait massif de fonds et une pénurie de liquidités sur QuadrigaCX. Depuis, l’ensemble des échanges de la plateforme est bloqué sur des coldwallets, des périphériques de stockage sans accès à internet et très sécurisés.
En plus des $145 millions de crypto-monnaies bloqués sur QuadrigaCX, la plateforme doit également à ses utilisateurs $53,5 millions en monnaie fiduciaire, qu’elle est incapable de payer à ce jour.
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Dernier espoir : son ordinateur portable
Selon l’affidavit (déclaration sur l’honneur) déposé par la femme du défunt, Jennifer Robertson, non seulement cette dernière ne connaîtrait pas la clé cryptographique, mais elle serait également incapable de la récupérer sur l’ordinateur de son mari, protégé par un mot de passe. Un expert en sécurité informatique a tenté d’accéder aux contenus de l’ordinateur, sans succès.
Une affaire de plus en plus étrange
Est-il probable qu’une société de telle ampleur ne prenne aucune mesure de sécurité pour sauvegarder ses fonds dans le cas où une telle situation se présentait ? Il paraît insensé de laisser les clés de cryptage à une seule personne, surtout lorsqu’il existe de multiples manières de protéger les plateformes, telles que les systèmes multi-signatures.
Difficile de déterminer si les clients de QuadrigaCX récupéreront leur argent un jour #crypto https://t.co/lnCeL8Wpv7
— Presse-citron (@pressecitron) February 4, 2019
Cotten a rédigé son testament le 27 novembre 2018, soit quelques jours avant de partir en Inde, où il décèdera suite aux complications de la maladie de Crohn.
Deuxième fait étrange, d’après CNN les experts en sécurité informatique ont détecté des transactions récentes sur les portefeuilles froids appartenant à QuadrigaCX, prétendument inaccessibles. De ce fait, il est impossible que les clés cryptographiques soient perdues.
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Mise sous administration judiciaire
QuadrigaCX s’est conformée au droit canadien et a demandé une protection juridique contre ses créanciers jusqu’à ce qu’elle ait à nouveau accès aux fonds. Jusqu’au rétablissement de l’accès aux crypto-monnaies, 92 000 utilisateurs de la plateforme sont incapables d’accéder aux $190 millions de fonds.